Alexis-Guillaume Vadier

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Alexis-Guillaume Vadier la biographie

Alexis-Guillaume Vadier : né le 17 juillet 1736 à Pamiers (Ariège Pyrénées) décédé le 14 décembre 1828 en exil à Bruxelle (Belgique)

Les Vadier s’installent à Pamiers Ariège Pyrénées

La famille Vadier est originaire d’Amiens et plus précisément de Montières, comment sont-ils arrivés à Pamiers ?

Le 12 novembre 1685, le diocèse de Pamiers désigne l’Amiénois François De Camps comme administrateur du diocèse Pamiers. Il amène dans ses valises les frères Vadier Guillaume(1) et Pierre. Pour faire suite à des aléas politiques et religieux, De Camps est démis de ses fonctions, mais les frères Vadier s’installent dans la ville aux 3 clochers.

C’est le 6 janvier 1705, que Pierre Vadier épouse Anne de Traversier issue de la petite noblesse locale quelque peu fortunée. Par contre, le clergé nomme son frère Guillaume(1) vers 1710 receveur de la décime du clergé(2). Dans un premier temps, en 1719 il achète une maison de campagne à Montaut au lieu-dit Peyroutet. Ce qui prouve l’aisance financière de la famille Vardier qui possédait plusieurs métairies aux alentours. Ensuite, les Vadier sont l’une des plus grosses fortunes de Pamiers. Malgré cette aisance, la noblesse locale ne le considère pas comme l’un des siens. Du reste, il a beaucoup souffert de ne pas être reconnu par la bourgeoisie locale.

Alexis-Guillaume Vadier son enfance

Donc, le 17 juillet, 1736 Marc-Guillaume né à Pamiers, son père mourut alors qu’il n’avait même pas 10 ans. Son éducation jésuite fait de lui un manichéen, qui ne pense que Vertu, s’oppose au Vice. Il ne tente pas de convaincre, il impose, quand on essaye de le convaincre on le calomnie… Erudit, il parle régulièrement 3 langues : le latin au collège, le français avec sa mère et la langue d’oc avec les serviteurs.

En 1749, il quitte le collège de Pamiers pour poursuivre ses études dans un collège à Toulouse. Collège tenu par les Frères de la doctrine chrétienne dits les doctrinaires. Il quittera ce collège en 1753 laissant « tomber » sa motivation religieuse.

Alexis-Guillaume Vadier sa vie active

Il s’engage alors dans l’armée du roi dans le Régiment Piedmont infanterie, il s’inscrit avec le nom de Vadier de Montfort. De Montfort vient d’une des propriétés de son père « La tour de Montfort » située à Auterive. En s’engageant dans l’armée voulait-il se protéger de l’église ?

Il apprend la vie dure d’un soldat de rang, prend conscience de la misère du peuple, et son surnom est Vade-Boncoeur. Ce régiment n’a pas bonne réputation. En 1755, alors qu’il n’a que 19 ans on lui donne le grade de lieutenant le commandement d’un régiment. Après une défaite en Allemagne il quitte son régiment à la fin de 1757 et abandonne son métier des armes.

Il se consacre à l’exploitation de ses domaines de Peyroutet, de Nicol et de Belpech, 185 hectares au total. Le parlement de Toulouse le condemne pour concussion (malversation dans l’exercice d’une fonction publique). Son avocat Darlaing assure sa défense.

En 1770, il acquiert une charge de conseiller au siège présidial dans la ville de Pamiers.

Aux environs de 1785, il tenta de former une seigneurie avec ses terres, mais il échoua. Il accusa des propriétaires comme Cazes (qui lui a refusé la main de sa fille) et Dardigna d’avoir sabordé son projet, mais gardera une rancœur, voire une haine contre ceux qui se sont opposés.

Alexis-Guillaume Vadier sa carrière politique

Elu Député du Comté de Foix en 1789 aux États Généraux où il siège avec les constitutionnels à l’Assemblée Constituante.

Le 14 juillet 1971 après la tentative de fuite de Louis XVI (la fuite de Varenne), il monte à la tribune et fait un discours contre la fonction Royale et son inviolabilité.

Extrait de sa plaidoirie : « Il est selon moi une question préliminaire à celle de l’inviolabilité : c’est celle de savoir si un roi parjure, qui déserte son poste, qui emmène avec lui l’héritier présomptif de la couronne, qui se jette dans les bras d’un général perfide, qui veut assassiner la patrie, qui répand un manifeste où il déchire la Constitution ; si, dis-je, un tel homme peut être qualifié de Roi des Français ? L’inviolabilité ne réside plus sur sa tête depuis qu’il a abjuré sa couronne. »

Le lendemain, il se contre dit et s’engage à respecter la décision de l’Assemblée Constituante en faveur de l’inviolabilité du roi. Ce revirement de position lui vaut les foudres de Marat.

Alexis-Guillaume Vadier création du département Ariège

Le 18 janvier 1790 après de longues tractations, Alexis-Guillaume Vadier arrive à créer le département de l’Ariège. Ce ne fut pas chose facile, la puissance du comité de Foix a lourdement pesé. Il y avait ceux qui voulaient garder cette puissance et ceux qui prônaient son affaiblissement. En fin de compte, le « Pays de Foix« , le Donezan, le Pays d’Olmes ainsi que le Couserans formeront le département. Alexis-Guillaume Vadier veut imposer Pamiers comme chef-lieu, mais à son grand regret le choix de Foix s’impose. Foix avait depuis longtemps une stature de Capitale régionale.

Alexis-Guillaume Vadier le « grand inquisiteur »

En 1792, il est élu à la Convention (235 voix sur 313 votants), finalement il siège avec le groupe La Montagne et il vote la mort de XVI.

A partir du 15 janvier au 20 janvier 1793, la Convention se prononce dans le procès de Louis XVI.  Alexis-Guillaume Vadier vote avec tous les élus du département Ariège la mort du roi. Le bourreau exécute la sentence et guillotine Louis XVI le 23 janvier 1793.

Le 14 septembre 1793, il est nommé membre du Comité de Sécurité Générale organe policier et répressif de la Terreur et en prendra la présidence. Il sera surnommé « le grand inquisiteur » et il valait mieux ne pas avoir à faire à sa vengeance. Il est à l’origine de multiples dénonciations calomnieuses, de multiples demandes de mises à mort. Alexis-Guillaume Vadier est à l’origine des procès des Dantonistes, de la mort de Camille Desmoulins, et il n’a pas hésité de faire « le ménage » dans son département et sa ville d’origine. Grâce à ses pouvoirs, il peut faire arrêter des centaines (plus de 350) appaméens. Certains finissent dans la capitale pour y être exécutés. Finalement, il règle ses comptes avec plusieurs habitants de Montaut qui s’étaient opposés à son projet de seigneurie. Il fait même exécuter son ancien avocat Darmaing.

Alexis-Guillaume Vadier devant la justice

Après l’exécution de Robespierre, Lecointre, Courtois, Fréron, Darmaing l’accusent pour ses exactions de la Terreur. Darmaing n’est autre que le fils de son ancien avocat. Le 30 frimaire de l’an III (20 décembre 1794), Jean-Baptiste Clauzel dit le jeune, natif de notre département plus spécialement de Lavelanet parvint à convaincre la Convention des charges qui pèsent sur Vadier.

Les charges sont telles que le tribunal le condamne à la déportation avec ses collègues Billaut- Collot d’Herbois et Barrère. Probablement au courant il réussit à quitter son domicile parisien. Il disparait en clandestinité et il attend l’amnistie de brumaire de l’an IV (octobre 1795). En avril de la même année, un décret oblige les anciens Conventionnels de partir de Paris. Ils devaient obligatoirement rejoindre le département ou ils ont leurs attaches.

Alexis-Guillaume Vadier vers exil

Alexis-Guillaume Vadier doit rejoindre son domaine de Pyroutet à Montaut. Quoi qu’il en soit, il sait que ses exactions mortelles ont suscité des haines profondes. Pour toutes ces raisons, l’Ariège l’attend de pied ferme. Parti de Paris le 10 floréal de l’an IV (29 avril 1796), arrêté à Toulouse le 14 prairial (2 juin 1796) de la même année. Accusé d’avoir participé à la conspiration de Baboeuf, reconnu innocent, il fut quand même condamné. Condamné à la déportation à laquelle il avait échappé. La flotte anglaise bloque le port de Cherbourg, par conséquent il ne peut être exilé à Cayenne. Finalement, il est enfermé dans la rade de Cherbourg au fort de l’Île Pelée. Là, il se retrouve avec ses compères Billaud-Varenne et Colot d’Herbois. Il passera 4 ans dans sa geôle.

Sa femme Jeanne Ferran et sa fille restent pendant ce temps à Paris. Elles remuent ciel et terre pour le faire libérer. Jean Cambacérès (ariégeois ancien maire de Mirepoix) ancien collègue de l’aventure révolutionnaire de Alexis-Guillaume Vadier intervient en sa faveur. Le 26 fructidor de l’an VII (12 septembre 1799) le Directoire prononce une mesure de liberté provisoire pour cause de maladie. Ainsi donc, il quitte alors le fort de l’île Pelée. Il séjourne par obligation à Chartres, en définitive, il évite bien évidemment de rentrer en Ariège. Tout compte fait, il retourne se fondre dans la population parisienne.

Alexis-Guillaume Vadier retour sur sa terre natale

En définitive, il regagne quand même son Ariège natale, en réalité il reprend d’abord la politique qu’il n’a jamais quittée. Puis entre en 1815 dans le parti des fédérés anti-royalistes de Toulouse. Arrêté et condamné à exil à Bruxelles en Belgique où il mourut le 14 décembre 1828.

En 1990 les restes de Alexis-Guillaume Vadier retournent dans la chapelle de la propriété familiale de Peyroutet à Montaut.

Par contre, la propriété de Peyroutet sera la dernière demeure de sa femme et de sa fille. Du reste, elles sont toutes les deux inhumées dans le cimetière du village.

(1)Vadier Guillaume est l’oncle de Vadier Alexis-Guillaume l’homme politique

(2)impôt ecclésiastique que le clergé se payé à lui-même pour faire face à ses charges