Louis Charles de Freycinet

Charles de Freycinet

Louis Charles de Saulces de Freycinet, né le 14 novembre 1828 à Foix Ariège Pyrénées, mort le 4 mai 1923 à Paris.  Il voit le jour dans une famille protestante originaire du Dauphiné.

La famille Freycinet

Son père, Casimir de Saulces de Freycinet (1786-1842), contrôleur de la comptabilité des impôts indirects à Montauban (Tarn-et-Garonne), originaire d’une famille protestante du Dauphiné.
Sa mère, Anne Nancy Malet (1791-1871) donne jour à 2 enfants, en 1823, Maria Elisa et donc Charles Louis en 1828.
L’un de ses oncles, Louis-Claude (1779-1842) était officier de marine, notamment il fut membre de l’Académie des sciences, et reconnu comme grand géographe. Un autre Louis-Henri (1777-1840) lui aussi officier de marine, deviendra gouverneur de l’Ile Bourdon en 1820 puis de la Guyane. En 1827, il fut nommé baron et fini amiral.
Le 8 septembre 1858, Charles épouse Jeanne Alexandrine Bosc (née le 25/8/1837 Bordeaux), elle est la petite fille de Jean-Jacques Bosc (négociant, conseiller municipal à Bordeaux (1815) et député de la Gironde (1829-1830).

Son début de carrière

Dès 17 ans Charles de Freycinet, fait des études brillantes à l’Ecole Polytechnique, choisit de rejoindre les services de l’Etat, plus spécialement dans le Corps des Mines.

Il se fait remarquer durant la Révolution de 1848, il participe au nom des étudiants parisiens, aux divers Conseil du Gouvernement Provisoire. Lamartine ne manque pas de faire son éloge.

En 1852, Charles de Freycinet commence sa carrière à Mont-de-Marsan, continue ensuite à Chartres (1854) et puis à Bordeaux (1855).

En 1856, la compagnie de chemins de fer du Midi le choisit comme chef d’exploitation, il restera pendant 5 ans en fonction. Il fait preuve d’une grande capacité de travail, et démontre un esprit de méthode. Mais, sa réputation ne plait pas à tout le monde, il doit démissionner sous cette pression interne.

Ses premiers écrits

Durant cette période il compose plusieurs œuvres intellectuelles, il compose plus traités : le Traité de mécanique rationnelle (1858), la Théorie mathématique de la dépense des rampes de chemins de fer (1860). Mais surtout son grand ouvrage :  Etudes sur l’analyse infinitésimale, ou Essai sur la métaphysique du haut calcul.

Premières missions

De décembre 1862 jusqu’en 1869, à la demande du Ministère des Travaux Publics il conduit une série de mission d’étude : l’Assainissement des industries en Angleterre (1854) ; sur l’Assainissement industriel et municipal en Belgique et en Suisse (1865); sur l’Assainissement industriel et municipal en France (1866); sur l’Emploi des eaux d’égout à Londres, sur le Travail des femmes et des enfants dans les manufactures de l’Angleterre (1867-1869).

Son travail est publié en 1869 sous le nom Traité d’assainissement industriel et Principe de l’assainissement des villes. Charles de Freycinets’intéresse aussi à la réforme administrative, il est nommé, par Emile Olivier, membre de la commission de décentralisation.

Première expérience politique

En 1864, il est nommé Ingénieur de 1ère classe, puis ingénieur en chef 1865, promu officier de la Légion d’honneur en 1870.

De 1870-1871, il collabore avec Gambetta et devient délégué à la guerre dans le gouvernement de Défense National, durant la guerre avec l’Allemagne de 1870. Il est alors promu officier de l’ordre impérial de la Légion d’honneur.

En 1867, il est élu Conseiller général du Tarn-et-Garonne, canton de Nègrepelisse. De 1876 et jusqu’en 1920, il sera Sénateur de la Seine et ce sans discontinuer. Petite anecdote en 1882, il est élu le même jour en Ariège, Tarn-et-Garonne, Inde Française et Seine, il choisira bien sûr la Seine.

Le plan Freycinet

De 1877 à 1879, il est Ministre des Travaux publics dans le Gouvernement de Jules Dufaure.

Développement du réseau ferroviaire

Il lance un grand et audacieux plan (plan Freycinet officialisé par la loi du 17 juillet 1879) de développement des voies ferrées. Son objectif : donner accès au chemin de fer à tous les français, et de développer l’économie du pays de désenclaver les régions isolées. Il prévoit la construction de 8 700 km de voies, le but que les sous-préfectures et un maximum de chef-lieu de canton soient desservis pas le chemin de fer. Ce plan ne prévoyait pas moins de 181 lignes ferroviaires locales sur toute la France.

En 1883, une convention avec le gouvernement stipulant que ce dernier apporte sa garantie aux compagnies pour l’achèvement du réseau ferré.

La loi du 18 mai 1878 est à l’origine de la Compagnie d’Etat.

Le plan ferroviaire en Ariège

Ce qui était prévu pour notre département :

Pamiers et Saint-Antoine-de-Foix et un autre entre Limoux et Quillan. La ligne Foix Quillan a été souvent envisagée, mais jamais réalisée. (41 km)

Saint-Girons Foix (44 km)

Lavelanet (Ariège) à la ligne de Castelnaudary à Carcassonne — 61 km

Vicdessos à Tarascon (Ariège) — 14 km

Saint-Girons à Seix (Ariège) — 17 km

Les nouvelles normes des voies navigables

Il développe aussi des voies navigables. Charles de Freycinet standardise les tailles des écluses et définit le gabarit des péniches suivant leur longueur et leur capacité.

Exemple :  Autoporteur Freycinet, capacité 350 t

Bateau et petit convoi, type Canal du Nord 700 t, longueur 60 m

Convoi moderne constitué d’un pousseur et de barges, capacité de 2500 t à 5000 t, longueur de 143 m à 185 m

Sa carrière politique continue

1879-1880, il est président du Conseil et de janvier 1882 à août de la même année il cumule la présidence du Conseil et le poste de Ministre des Affaires étrangères.

En 1882, il occupe un siège à l’Académie des sciences.

D’avril 1885 à janvier 1886, Ministre des Affaires étrangères et de janvier 1886 à décembre 1886, il cumule une nouvelle fois les postes de président du Conseil et Ministre des Affaires étrangères. Son gouvernement tombe pour avoir soutenu Sadi Carnot.

Après la démission de Jules Grévy il se présente aux élections présidentielles de 1887, il se retire face à Sadi Carnot.

Encore Ministre de la guerre

D’avril 1888 à mars 1890 il est Ministre de la Guerre. Il est le premier civil à être nommé Ministre de la Défense de 1889-1890, il réduit le service militaire de 5 ans à 3 ans. Il modernise l’équipement militaire (canon de 75 mm. Fusil Lebel), il met en place l’Etat-major général.

De 1890 à 1892, il est président du Conseil et Ministre de la guerre. Le 1er mai 1891 il dût faire face à l’agitation ouvrière à Froumies (Nord), ouvriers qui revendiquent une journée de 8 heures. La troupe réprime dans le sang cette manifestation, le bilan est de 9 morts, dont deux enfants et 35 blessés.  La responsabilité de la troupe est reconnue.

En 1890, il devient membre de l’Académie française

Affaires qui le déstabilisent

De février 1892 à janvier 1893, Ministre de la guerre, à cause de la question sur le Panama, il quitte discrètement le gouvernement lors du remaniement du cabinet Rabot.

En 1894, il est élu président de la commission de l’armée au Sénat, poste important et délicat en ce début d’affaire Dreyfus.

De novembre 1898 a mai 1899 Ministre de la guerre, il démissionne ; il semblerait qu’un désaccord sur l’affaire Dreyfus l’opposé à Delcassé.

Il reprend alors la présidence de la commission s’sénatoriale de l’armée.

D’octobre 1915 à décembre 1916, Ministre d’Etat, il avait alors 87 ans et Poincaré admirait son énergie au travail et ses ponts de vus intelligents et censés.

En 1920, il se retira enfin de la vie publique après avoir été tout le temps élu au premier tour.

La fin de Freycinet

Le 14 mai 1923 il mourut à Paris, son éloge à l’Académie française fut prononcé par Emile Picard son successeur le 11 février 1926. Ce discours se terminait ainsi «Un homme n’a pas été mêlé pendant cinquante ans aux affaires de son pays sans être en butte à bien des critiques. Mais quelque jugement que l’Histoire prononce sur certains points de son œuvre, le délégué de 1870 qui, en des circonstances désespérées, réussit à organiser la défense nationale, le ministre de la guerre qui mit notre armée au niveau de sa tâche nous apparaît dès aujourd’hui comme ayant bien mérité de la Patrie.«

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